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 Présentation : le joueur


Simple, ne se prenant pas la tête, et ayant conscience de vivre de sa passion, Salim Arrache (en arabe : ) est une personnalité à part dans le monde du football. Né le 14 juillet 1982 à Marseille, il fait partie de ces fils d'immigrés qui sont arrivés en France il y a des années de cela, et qui ont aujourd'hui dans le cœur deux pays : la France et l'Algérie. Ses parents, kabyles, sont originaires de Béjaïa, ville du Nord-est de l'Algérie. Il a également un frère et deux sœurs, il est l'ainé.

 

A Marseille, il a cette ferveur pour le football, celle qui anime le cœur des plus petits, des natifs de la région, jusqu'à la fin de leur vie. Salim en fait partie « Je suis issu des quartiers Nord de Marseille et quand on est de là bas, tout le monde vibre pour l'OM. Plus que de supporter un club, c'est une véritable religion. J'allais bien entendu souvent au stade avec mes parents et amis, et je garde de très bons souvenirs de l'ambiance qui régnait dans le stade ». Prédestiné au poste de milieu gauche, il était d'ailleurs fan d'un certain Chris Waddle, ayant fait la gloire de Marseille de 1989 à 1992 « J'aimais son jeu, son sens du spectacle de par ses dribbles mais aussi car il ne se prenait pas au sérieux. J'ai encore en mémoire des moments où il faisait le clown et amusait tous les supporters marseillais, avec des grimaces et de drôles de postures ».

 

Sur les traces de son idole, il tapera la première fois le ballon sérieusement dans un club de son quartier, la Batarelle, en 1995. Il a alors treize ans. « Petit, Marseille a essayé à plusieurs reprises de me faire venir. Mais devant mon jeune âge, mon père a sans cesse refusé. Il faut dire qu'à l'époque l'avenir des jeunes joueurs dans les centres de formation n'était pas rose. J'ai alors continué à travailler, jusqu'à atteindre la CFA 2 avec Marignane, en 1999. J'avais alors 17 ans ». Puis, ce sera finalement Eric Cantona, s'il vous plaît, qui détectera Salim lors d'un match de CFA 2 entre Marignane et Endoume. Auteur d'un but et d'une passe décisive (score final 2 à 2), notre joueur est alors mis sous le feur des projecteurs : « Cantona a alors parlé de moi àson frère, Jean-Marie, agent de joueur. C'est lui qui m'a ensuite proposé à Strasbourg. » Le Racing Club de Strasbourg viendra alors lui proposer d'intégrer son centre de formation, contrat qui lui permettra peut-être d'intégrer le groupe professionnel, si ses performances suivent. « Comme tout jeune joueur devant partir loin de sa famille, ce n'est pas évident au début. On a besoin des siens afin d'être entouré et d'avancer. Surtout que là, c'était Strasbourg, donc nous étions séparés par près de 800 kilomètres. Mais ma famille m'a toujours soutenu et on se voyait le plus possible ».

 

 

 

Très vite, Salim va intégrer le groupe professionnel. Lors de la saison 2003-2004, il effectue quelques rentrées, et plus si affinités. Son premier match en Ligue 1 aura lieu le 9 novembre 2003, contre Bordeaux, au stade de La Meinau. « Vous ne pouvez pas savoir ce que cela fait de rentrer en jeu. On voit sa vie défiler en l'espace de quelques minutes. C'est un aboutissement, un rêve qui se réalise. Mais on se dit, STOP, ce n'est que le début. On pense à la famille, à ses proches. C'est un mélange de plein de choses à la fois, tout en étant plongé dans le bonheur et l'envie de bien faire. En plus, c'était devant notre public alors forcément... ».

 

 

 

En plus, contre Bordeaux, un des clubs les plus réguliers de ces dernières années. « C'était à la mi-temps, il me semble que je remplaçais Fahmi. C'était un match très engagé, il y eut beaucoup de cartons. Chamakh avait même été expulsé ». Il jouera la majorité des derniers matches, le public reconnaissant aisément ses qualités : belle vitesse, bon pied gauche, bon dribbleur et d'excellents centres en fin de course ou sur coups de pieds arrêtés.

 

 

 

 

L'année suivante sera celle de la consécration. Jouant tous les matches jusqu'à la 24ème journée, ce sera lors de son 5ème match en tant que titulaire, face à Nice (11ème journée), qu'il marquera son premier but au plus haut niveau, dans un match officiel : « L'équipe menait deux buts à un et il restait alors environ dix minutes de jeu dans le temps règlementaire. Un long ballon est alors envoyé dans le camp des niçois, je me précipite l'attaquer et presser. Un effet dans le ballon fait que je passe devant le défenseur. Je frappe alors du gauche après un contrôle et envoie le ballon en pleine lucarne. Cela reste un excellent souvenir avec un public aux anges. J'ai alors laissé exploser ma joie (rires) ». Grace à ce but, l'entraineur en place lui fait alors confiance, et le titularise dès la journée suivante, jusqu'à la 24ème journée. Une saison qui se terminera en boulet de canon pour le club strasbourgeois, qui l'emportera contre Bordeaux ou encore Marseille.

 

Pour clôturer le tout, le Racing l'emportera au Stade de France face à Caen en finale de la Coupe de la Ligue 2005. « C'était un moment de joie intense. Fouler la pelouse du Stade de France fait toujours quelque chose, et quand en plus on y remporte une finale ! ».

 

Strasbourg n'aura pas été bien loin en revanche en Coupe de France, s'arrêtant au stade des 32èmes de finale, mais ce match aura révélé au grand public tout le talent de notre joueur. « Strasbourg a malheureusement perdu ce soir là, mais cela reste un très grand souvenir. Au moment de la séance des tirs au but, je marque mon penalty contre Fabien Barthez, qui marquera et qualifiera Marseille plus tard. Un très grand moment, celui de marquer dans un stade qui m'a fait rêver ». Avec 33 matches au compteur, il réalise une saison pleine, marquant un but, et réalisant 5 passes décisives.

 

 

 

Il y aura les premières sélections avec l'Algérie, un aboutissement. « Même si on est né en France, on garde toujours un amour inconditionnel pour notre pays d'origine. C'était une grande fierté pour ma famille et moi et cela restera gravé à vie. J'étais et je resterai supporter numéro 1 de l'Algérie ».

 

 

 

La saison de la confirmation sera un véritable cauchemar. Après de bons débuts, Salim se blesse gravement peu après la 17ème journée de Ligue 1, en décembre 2005. Il sera absent quelques semaines avant d'avoir le feu vert des médecins, pour finalement se blesser une seconde fois au mois de janvier 2006. Il ne retrouvera les terrains qu'en toute fin de saison, notamment pour un match face à Marseille où il rentre à 10 minutes e la fin. Quelques mois après, rupture des ligaments croisés, plusieurs mois d'arrêt, en jouant an football sur la plage. Ce sera un moment clé de sa carrière. « Tu sais que tu vas être éloigné des terrains pendant plusieurs mois et que tu vas souffrir. Alors tu prends ton mal en patience et tu essayes de t'occuper du mieux possible. En parallèle à ma remise à niveau, j'ai beaucoup joué au Poker avec des amis. J'ai découvert une passion, que je n'aurai peut-être pas découverte sans ma blessure. On relative comme on peut (rires).Mais le plus difficile c'est que quand tu te blesses aussi gravement en fin de contrat, personne ne veut prendre le risque de te faire signer. C'est compréhensible, mais c'est dur à vivre ».

 

 

 

Après plusieurs allers-retours entre Marseille et Capbreton, Salim évolue alors avec la réserve olympienne afin de retrouver son niveau physique, puis fait quelques matches avec les professionnels. Libre de tout contrat, Marseille lui propose alors de rebondir en lui faisant signer un contrat de 3 ans et demi au mois de janvier 2007. « Un rêve, tout simplement. Qui n'a pas rêvé de jouer à l'OM ? Un grand soulagement s'est dégagé, beaucoup de fierté, et aussi le fait de se rapprocher des miens. Marseille, c'est ma ville, j'y suis chez moi. Beaucoup de personnes m'ont bien accueilli et ont aidé à ce que ce transfert se fasse. Je leur dois une fière chandelle ».

 

 

 

Après quelques matches sous le maillot olympien, Salim est alors prêté à Toulouse, afin d'engranger du temps de jeu. « En une demie saison, je pense avoir prouvé que j'avais retrouvé mon niveau de jeu. J'ai quasiment joué tous les matches et n'ai pas ressenti de douleurs des suites de ma blessure. Un véritable soulagement, je reprenais goût au football en étant régulièrement aligné ». C'est aussi une belle rencontre avec Elie Baup, l'entraineur « à la casquette ». « Elie reste un grand entraîneur et il a contribué à ce que je le rejoigne pour aider Toulouse à se maintenir. Ce sont d'agréables souvenirs avec les joueurs et les supporters. J'ai été déçu de ne pas continuer l'aventure, mais c'est le football ».

 

Aujourd'hui, Salim évolue à Reims, en seconde division. Des hauts, des bas, mais la saison n'est pas encore terminée.

 

 

 

Parlons un peu plus de Salim. Ayant des valeurs, il supporte très mal l'injustice mais a muri au fil des années. « Au premier abord, je suis quelqu'un de très calme, très posé. Mais c'est vrai que j'ai le sang chaud, je suis quelqu'un du Sud. Avec le temps, j'ai appris à calmer mon tempérament, mais tout n'est pas encore parfait. Je n'aime pas l'injustice mais j'essaye de relativiser. Je suis de plus en plus posé dans la vie de tous les jours, moins nerveux ».

 

Ayant un frère avec qui il passe beaucoup de temps, il attache de l'importance à la famille, précieuse et indispensable pour son épanouissement. Et tout se rejoint, avec le football : « Mes racines sont algériennes, tout comme Zinedine Zidane. Cela reste une personne qui fait rêver, par sa carrière, mais aussi sa personnalité. Il attire encore les foules et son investissement envers plusieurs causes prouvent qu'il est un homme remarquable. Après ma carrière, j'aimerai aussi m'investir dans différentes associations, m'investir pour les jeunes des cités par exemple. C'est une chose qui me tient à cœur ». Mais sa vraie idole reste avant tout sa mère, qu'il considère comme « la plus belle femme du monde ». D'ailleurs, si vous avez déjà mangé un bon couscous, « vous n'avez pas gouté celui de ma mère, le meilleur, l'excellence ».

 

Concernant sa vie privée, « La religion est aussi importante dans ma vie. Je suis musulman pratiquant. ».

 

Passionné par la mode, Salim essaye toujours de donner une bonne image de lui. Bien habillé, il suit attentivement les nouvelles modes et s'y adapte. De même d'ailleurs qu'au niveau musical : « J'ai été baigné dans le rap. Je suis donc un fan absolu, notamment de Rohff, Soprano et Sinik. Mais je reste ouvert à tout type de musique. Je peux très bien écouter de la variété, ça m'arrive souvent ».

 

Fan aussi de cinéma, il y a toujours un film qui revient en puissance chez les footballeurs « Scarface ! Même si mon film favori reste Heat, avec Robert De Niro et Val Kilmer. Récemment, je suis allé voir Mesrine, que j'inclus dans ma short liste. Des bons films, il y en a beaucoup, mais ceux là peuvent se regarder sans compter ! Au niveau des séries, j'ai beaucoup aimé Prison Break ».

 

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